Les secrets de l’actif d’un bilan

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L’actif du bilan d’une société est composé de 3 postes : les liquidités, les créances et les stocks. Valoriser une société implique de connaitre les caractéristiques de chacun de ces postes. Il ne sera pas question ici de rentrer dans le détail d’une étude comptable poussée mais de poser les bases de la lecture d’un bilan telle que l’effectue un investisseur dans la valeur. Certaines spécificités très simples à comprendre peuvent en dire long sur la manière dont est gérée une entreprise. C’est ce que nous allons aborder.

Les liquidités

La trésorerie constitue le premier poste de l’actif courant à analyser. Il se présente sous forme de liquidités ou de placements à court terme. C’est le poste le plus simple, car il sera repris pour sa valeur intégrale quelle que soit la situation de l’entreprise. C’est aussi un des postes les plus importants, car les liquidités procurent à la société la capacité de traverser les moments difficiles ou simplement de profiter d’opportunités qui s’offriraient à elle.

Il est intéressant de constater que dans le monde de l’investissement dans la valeur, une grande partie des sociétés répondant aux critères de sélection disposent d’une trésorerie généralement suffisante pour couvrir l’ensemble des dettes de l’entreprise, créant par la même un surplus de trésoreries. Cette situation est à l’avantage de l’entreprise qui en temps de crise dispose de moyens supplémentaires pour conserver une certaine indépendance financière.

L’évaluation des stocks

Effectuer une évaluation correcte des stocks est indispensable lors de l’analyse du bilan d’une société. Pourtant, il s’agit ici d’un exercice très délicat tant la situation diverge d’un exemple à l’autre.

Les différentes méthodes comptables et ce qu’elles cachent

Dans un premier temps, la lecture des documents comptables doit nous permettre de déterminer quelle méthode est employée. Généralement, les stocks sont estimés selon la méthode du « Premier Entré, Premier sorti » ou la méthode du « Dernier Entré, Premier Sorti », respectivement désignés par les acronymes FIFO  et LIFO .

  • La méthode FIFO permet de gonfler artificiellement la valeur d’une entreprise.
    La méthode FIFO déduit en premier de l’inventaire les éléments les plus anciens, c’est-à-dire qu’elle considère que les éléments de l’inventaire les plus anciens sont ceux vendus en premier. Ainsi lors de leurs évaluations, les stocks sont valorisés en fonction des coûts des derniers éléments de l’inventaire. Cette technique est généralement la plus employée par les sociétés, car elle dispose de l’indéniable avantage de gonfler artificiellement la valeur de l’inventaire et donc de l’entreprise. En effet, le prix des matières premières ayant tendance à augmenter dans le temps, en comptabilisant les stocks au coût des dernières entrées on obtient généralement une plus grande valorisation. De plus, lors du calcul du bénéfice brut, les résultats de l’entreprise bénéficient de cette technique qui abaisse les coûts de production. Enfin, cette méthode donne une idée plus exacte du coût de renouvellement des stocks, tel qu’un concurrent devrait le payer s’il voulait entrer sur le marché.
  • La méthode LIFO permet de diminuer les taxes.
    La méthode LIFO est la principale alternative et l’opposée de la technique précédente. Ici, les derniers éléments produits sont considérés comme étant vendus en premier. Lors de l’évaluation de l’inventaire vont donc être pris en considération les coûts des éléments les plus anciens. Cela aura bien entendu pour conséquence d’avoir un inventaire dont la valeur de renouvellement réelle est supérieure à celle écrite dans le bilan. Cette différence figure parfois dans les bilans sous le nom de réserve LIFO. Enfin, cette technique présente l’avantage de diminuer les taxes que doit supporter l’entreprise en diminuant son bénéfice brut du fait de coûts de production plus élevés que si on avait employé la méthode FIFO.

La rotation des stocks

Un autre élément important dans la lecture de l’inventaire d’une société est la rapidité à laquelle le stock se renouvelle. En effet, plus l’entreprise met de temps à écouler ses stocks, plus ils ont tendance à perdre de la valeur voire dans certains cas deviennent invendables ou même couteux, car il faudra s’en débarrasser. Certains biens sont périssables ou soumis à la mode, d’autres deviennent obsolètes s’ils ne sont pas écoulés très rapidement. Dans tous les cas, une société dont l’inventaire croît au fil des ans de manière disproportionnée comparativement à son revenu signale généralement un dysfonctionnement.

Pour calculer la rotation, on effectue généralement le rapport entre les stocks et le chiffre d’affaires de l’entreprise sur 365 jours. Ce calcul réalisé sur plusieurs exercices permet de comparer l’évolution au fil des ans. Une hausse brutale de la durée de rotation peut indiquer la présence de produits invendables, et la valorisation de l’inventaire devra en tenir compte.

Les créances

L’évolution du poste créance

Les créances constituent un poste clef de l’actif courant d’une société. Comme pour les stocks, elles doivent dans un premier temps être analysées en terme de rotation et comparées dans le temps. Pour cela, nous pouvons nous poser deux questions :

  • Quel est le délai de paiement moyen constaté pour le dernier exercice ?
  • Est-ce que ce délai est dans la moyenne des derniers exercices ?

On estime généralement le délai moyen de paiement d’un exercice en divisant le montant des créances par le chiffre d’affaires, et en multipliant le tout par 365. Ce calcul effectué sur plusieurs années nous permet donc de déterminer un point de comparaison.

Le danger étant bien entendu de voir ce poste augmenter très fortement au fil des ans sans aucune corrélation avec une augmentation de l’activité, signalant la présence d’impayés qui risquent de devenir permanents. Une augmentation des créances peut être expliquée par de multiples facteurs qui ne sont pas forcément négatifs. Cependant, lorsque la croissance des créances est supérieure à la croissance des revenus, ce n’est jamais un bon signal pour l’investisseur.

La valorisation des créances

Les ajustements pratiqués lors de la valorisation des créances par un investisseur dépendent de la situation financière de la société. En effet, pour une entreprise proche de la faillite, nous devrons prendre en considération que la liquidation de cette dernière entrainera des impayés. En partant de l’hypothèse que la société fera appel aux services des spécialistes du recouvrement, Bruce Greenwald propose par exemple un ajustement de 85 % de la valeur comptable correspondant à ce qu’espère récupérer une entreprise faisant appel à un professionnel. Le même auteur stipule que dans le cas inverse, c’est-à-dire lors de l’étude du bilan d’une société en bonne santé, les créances doivent être valorisées selon leurs valeurs comptables ajustées des provisions faites pour impayés.

En complément : Lire notre dossier sur l’investissement dans la valeur

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