Les principes clefs de l’investissement dans la valeur, seconde partie

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Après avoir abordé dans un précédent article l’importance de la marge de sécurité, et la nécessité de se comporter en investisseur, nous concluons ici cette partie sur les principes clefs de l’investissement dans la valeur. Deux notions fondamentales seront explorées : le caractère irrationnel des marchés, et l’exigence de concevoir cette technique sur le long terme. Réunir toutes les conditions pour réaliser un bon investissement peut être un jeu de patience. Les périodes de crise sont toutefois des moments idéaux, vous allez découvrir pourquoi.

Les marchés sont irrationnels

L’investissement dans la valeur trouve son fondement dans un principe : les marchés sont irrationnels. Cela signifie que le cours d’une action n’est pas toujours le reflet de la valeur réelle de la société. C’est un postulat controversé, car en opposition avec la théorie d’efficience posée par Eugène Fama.

Cette théorie stipule que :

« Dans un marché suffisamment large où l’information se répand instantanément, comme c’est le cas en particulier du marché boursier, les opérateurs réagissent correctement et quasi immédiatement aux informations s’ils ont la capacité cognitive de les interpréter avec justesse. En conséquence, les cours équivaudraient toujours au juste prix et évolueraient selon une marche aléatoire au gré des surprises qu’apportent les nouvelles informations. »

Bien que largement plébiscitée, la théorie de Fama peut être relativisée pour plusieurs raisons.

La première est qu’elle exclue totalement la dimension psychologique et le comportement moutonnier des investisseurs. Le plus souvent, il n’est pas question « d’interpréter avec justesse » des informations, mais de céder à l’euphorie, à la panique, à la mode. L’histoire des marchés boursiers est truffée d’exemples de ce type : la folie des valeurs technologiques au début du siècle, le massacre de nombreux de sociétés en parfaite santé en 2008.

En lien avec le point précédent, il est important de souligner l’impact des « Markets-Makers ». Ces fonds d’investissement, ces « grands » traders, gèrent des milliers de milliards d’euros. En 2007, leur poids sur le marché américain s’élevait à 68 % de sa valeur totale. L’impact des décisions de ces personnes a une influence directe sur les marchés. Et, il ne faut pas se leurrer, leur intérêt n’est pas forcément dans la recherche du « juste prix ». Ils savent très bien exploiter l’attitude grégaire d’une grande partie des investisseurs, souvent érigée en loi : « Ne jamais aller contre le marché ».

C’est cette inefficience, qu’exploitent les investisseurs dans la valeur. En chiffrant la valeur intrinsèque d’une action grâce à l’analyse financière, ils cherchent à déterminer quelle société est sous-évaluée. L’objectif étant d’investir quand le cours est irrationnellement bas et de revendre lorsque la tendance s’inverse.

Un investissement sur le long terme

Acheter une action sous-évaluée ne signifie pas que son cours ne va pas subir les mouvements du marché. Bien entendu l’investissement dans la valeur sous-entend que cette action sera un jour reconnue par le marché pour ce qu’elle vaut, mais savoir combien de temps cela prendra est impossible, à moins de pouvoir acheter toute la société et d’y pratiquer les ajustements nécessaires comme le fait couramment Warren Buffet.

Cependant, pour le commun des investisseurs il faudra attendre l’apparition d’un catalyseur : changement des dirigeants de la société, vente d’un actif sous-évalué ou ignoré, retour en grâce d’un secteur jusque-là passé de mode, fusion ou acquisition, ou même liquidation… Ce catalyseur peut intervenir dans les semaines qui suivent l’acquisition de l’action, mais cela peut aussi prendre des années. Durant cette période, le cours de l’action va fluctuer, il pourra diminuer ou augmenter de 60 %, mais l’investisseur dans la valeur ne gardera en mémoire que la valeur intrinsèque qu’il a calculé et qui restera son seul objectif. Les seules situations qui devraient amener l’investisseur à reconsidérer sa position sont : une dégradation des fondamentaux de l’entreprise qui entraînerait la disparition de la marge de sécurité, ou la concordance de la valeur intrinsèque avec le cours.

L’investissement dans la valeur est un jeu de patience. Non seulement parce que c’est une discipline exigeante dans sa préparation, mais aussi, car elle implique de ne jamais se précipiter et d’attendre la meilleure occasion pour investir.

 “Rule One : Don ’t lose money. Rule Two: Refer to Rule One” (Warren Buffet)

Dans les périodes d’euphorie boursière, les investisseurs dans la valeur sont souvent à la peine. Sur des marchés surévalués les opportunités d’achat présentant les caractéristiques et garanties que recherche l’investisseur dans la valeur se raréfient voire disparaissent complètement, poussant ce dernier à l’inaction ou à l’investissement dans des sociétés aux performances bien en deçà de ce que le marché peut offrir sur des valeurs de croissance. Mais les marchés sont cycliques, les bulles éclatent, et des années de plus-values peuvent s’effacer en quelques semaines. En fin de compte, les gagnants ne seront pas tant ceux qui auront gagné le plus, mais ceux qui auront perdu le moins.

Lire la suite : Evaluer l’intérêt d’une méthode d’investissement

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