Les principes clefs de l’investissement dans la valeur

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L’investissement dans la valeur consiste à acheter des parts de sociétés cotées en bourse en deçà de leurs valeurs intrinsèques. Souvent appelé investissement dans des « mégots de cigares », il repose sur l’estimation de la juste valeur d’une société par le biais d’une analyse fondamentale focalisée sur l’ensemble des informations tangibles et historiques disponibles. Le but de l’exercice est de trouver des sociétés sous-évaluées où l’investisseur, en acquérant une action, ne paye au final qu’une partie réduite de la valeur de la société, le reste étant en quelque sorte offert en garantie de son investissement : « Le prix est ce que vous payez, la valeur est ce que vous avez ». Au fil du temps le concept évolua pour s’adapter aux personnes qui le pratiquent, aux changements des marchés ou de l’économie, mais les principes clefs restent les mêmes.

L’importance de la marge de sécurité

Seth A. Klarman, dans son ouvrage Margin of Safety, caractérise la marge de sécurité de la manière suivante :

« Nous obtenons une marge de sécurité quand des titres sont achetés à des prix suffisamment inférieurs à leurs valeurs intrinsèques pour permettre l’erreur humaine, la malchance, ou une volatilité extrême dans un monde complexe, imprévisible et en perpétuel changement. »

La marge de sécurité est un pilier de l’investissement dans la valeur, son amplitude est déterminée par le rapport entre le cours de l’action et la valeur intrinsèque de cette dernière. Comme stipulé par Seth Klarman, l’idée est de disposer d’un collatéral garantissant au maximum l’investissement contre les aléas que rencontrent tous les investisseurs.

Contrairement aux apparences, l’investissement dans la valeur est en premier lieu motivé par l’aversion aux risques. Il semble paradoxal de dire qu’une méthode d’investissement focalisant initialement sur l’achat de sociétés en détresse soit avant tout motivée par l’aversion au risque. C’est pourtant le cas dans la mesure où il ne s’agit pas d’investir au hasard dans n’importe quelle société, mais dans celle présentant des fondamentaux solides et dont les cours ne se justifient pas eu égard à leurs valorisations.

Les investisseurs dans la valeur basent leurs analyses sur le tangible, le réel, et les couplent avec une observation du présent et de l’histoire de la société. Ces données seront évaluées avec beaucoup de précaution et de conservatisme pour en déduire le prix qui servira de référence au calcul de la marge de sécurité. Benjamin Graham préconisait d’investir uniquement dans des sociétés dont le cours représente au plus 66 % de leur valorisation. Les 33 % représentent la marge de sécurité, la garantie dont nous parle Seth Klarman.

Investir et non spéculer

L’analyse de la valeur intrinsèque doit permettre de rester insensible par la suite aux mouvements cycliques du cours de l’action n’entrainant pas la disparition de la marge de sécurité. Cela implique d’être indépendant dans ses décisions, d’avoir confiance et de ne tenir compte que de son analyse. Le plus délicat ici est d’arriver à se tenir à l’écart de la foule, de ne prêter qu’une attention toute relative aux mouvements quotidiens du marché.

À la fin 1999, le célèbre hebdomadaire Barron’s   titrait dans ses colonnes un article intitulé « What’s Wrong, Warren ? », faisant référence à l’avènement d’internet « www ». Dans cet article l’auteur fustigeait les faibles performances de Warren Buffet en cette fin de millénaire, ce dernier s’étant tenu à l’écart des valeurs technologiques en pleine explosion, se demandant même si Buffet ne serait pas bon pour la retraite.

On pouvait effectivement comprendre les motivations de l’auteur aux vues du graphique comparant la performance de Berkshire Hathaway et du Nasdaq entre 1998 et  2000 :

 

Buffet trouvait que le marché était irrationnel, largement surévalué, totalement spéculatif et sans aucune corrélation avec une réalité économique. Il en parlait ainsi :

« Le fait est que le marché en pleine bulle a permis la création de compagnies bulles, entités conçues avec l’intention de faire de l’argent avec les investisseurs et non pour les investisseurs. »

Se disant incapable de débusquer parmi toutes ces « startups », n’ayant pour la plupart aucune activité réelle, les rares qui se révèleront être profitables, Buffet décida de rester à l’écart.

Nous connaissons tous le dénouement de cette histoire : la bulle éclata et les illusions de nombreux spéculateurs fondirent au même rythme que leurs portefeuilles. Comme aime à le répéter Warren Buffet : « C’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus ».

Qu’en est-il de notre comparaison 5 ans plus tard ?

 

investissement dans la valeur

Ce qu’il faut en retenir

Il est essentiel de se positionner comme un investisseur achetant une partie de l’activité de la société, non comme un spéculateur achetant une action en raison d’une tendance ou d’un consensus. L’individu passe une vie à se bâtir un patrimoine et pour la majorité d’entre nous chaque euro épargné est le fruit d’un sacrifice, la préservation de ce capital devrait être la priorité de toutes méthodes d’investissement. Dans la mesure où le futur est totalement imprévisible, où les tendances ne sont que supposées et maintes fois invalidées par l’histoire, l’investisseur doit faire un choix entre acheter de la réalité ou de l’espérance.

Lire la suite : Les principes clefs de , partie 2

Voir le sommaire du dossier : L’investissement dans la valeur

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