Les différentes techniques d’analyse financière

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Déterminer la valeur d’une entreprise est la clef de voûte de toute forme d’investissement. Une fois cette valeur estimée, l’investisseur peut la comparer à la réalité du marché et en déduire le comportement à adopter. En raison de la complexité du sujet, de nombreuses méthodes de calcul coexistent. L’objectif de l’article n’est pas d’entrer dans les détails mais de présenter les méthodes et leurs limites, pour mieux comprendre le point de vue des investisseurs dans la valeur.

La méthode DCF, l’actualisation des flux de trésorerie

De manière générale, le flux de trésorerie est un terme comptable qui fait référence à la quantité d’argent reçu et dépensé pendant une période et pour un objet défini. Déterminer la valeur intrinsèque d’une entreprise par la valeur actualisée des flux de trésorerie, revient à estimer la valeur actuelle d’une entreprise en fonction de ses flux de trésorerie futurs pondérés par un taux représentant le risque inhérent à tout investissement.

Ce travail repose donc sur de nombreuses estimations :

  • déterminer à partir des documents financiers les flux de trésoreries actuels,
  • les extrapoler sur le futur pour une période plus ou moins longue (généralement 10 ans),
  • les actualiser grâce à un taux représentant le plus fidèlement possible le risque.

Les limites de la méthode DCF

La méthode de l’actualisation de flux de trésorerie n’est pas exempte de critiques au premier rang desquelles sa subjectivité. Comme le montre les paramètres de son équation, il s’agit en premier lieu d’estimer et d’évaluer  avant de baser la suite des calculs sur ces estimations. Bruc  Geenwald dans son ouvrage « Investir dans la valeur »  souligne les écueils de cette technique en ces termes :

« Nous devrions être affligés par l’éblouissante incohérence entre la précision algébrique du résultat et les incertitudes qui affectent les variables du modèle. »

Ainsi, l’auteur démontre qu’une variation minime des  hypothèses de départ entraine une modification du résultat final plus que proportionnelle. Bien entendu, toute la problématique découle du fait qu’il est quasi impossible de faire des projections exactes sur du long terme, et que l’analyste travaille en aveugle. Bien entendu, la fraude réelle est une situation extrême, mais à l’échelle inconsciente il serait humain de favoriser une variable qui tendrait à confirmer son intuition initiale plutôt que de l’invalider.

La méthode des multiples comparables

La méthode des multiples comparables s’appuie sur l’observation de la valorisation de sujets similaires. On va ainsi valoriser l’entreprise en fonction de ce que le marché est prêt à payer dans une situation équivalente. Il s’agit donc d’une approche analogique. L’analyste cherche à extraire des « multiples moyens » à partir des chiffres clés observés sur les sociétés sélectionnées qui composent un panel comparable. Il s’agira ensuite de valoriser l’entreprise en question en se servant de ces multiples moyens et en les appliquant à la société que l’on souhaite comparer.

Une technique subjective

Bien qu’à première vue cette méthode paraît objective, car basée sur des résultats financiers tangibles, certains auteurs ne manquent pas de souligner que tout comme la méthode d’actualisation des flux, elle tire sa source de différentes démarches subjectives.

En effet, le choix des sociétés comparables est laissé à discrétion de l’analyste. La pertinence de la comparabilité des sociétés est délicate et ne peut uniquement découler d’un secteur ou d’une activité similaire tant deux entreprises à première vue identiques peuvent en fait se révéler fondamentalement différentes. Cette situation est amplifiée lorsque le panel comprend des sociétés non cotées dont la pertinence est d’autant plus délicate à établir que l’information financière disponible est difficilement accessible, voire incomplète.

De même, le choix des agrégats financiers qui serviront à déterminer les multiples moyens, ainsi que les ajustements qui peuvent leurs être appliqués pour gommer les différences nuisibles à la comparaison, sont autant de paramètres subjectifs qui sont laissés à discrétion de l’analyste.

La technique préférée de l’investisseur dans la valeur : la méthode patrimoniale

Cette méthode procède à l’analyse du bilan de l’entreprise, pour en déterminer son actif net. Il s’agit donc ici d’une approche uniquement basée sur une analyse comptable. L’observateur va additionner les stocks, les biens immobiliers, la trésorerie, tout ce qui compose les actifs d’une entreprise pour ensuite déduire l’ensemble des dettes contractées par cette dernière. L’avantage principal de la technique patrimoniale est qu’elle se base sur des valeurs fiables établies dans les états financiers de l’entreprise. C’est la technique utilisée à l’origine par les investisseurs dans la valeur.

Une technique objective mais limitée

C’est un procédé qui considère en premier lieu le passé et le présent, laissant de coté toute projection dans le futur. Il n’est donc pas adapté à la valorisation de tout un panel de sociétés en développement. De plus, l’approche patrimoniale s’attache à quantifier ce qui est tangible et n’est que difficilement applicable pour l’évaluation des actifs immatériels comme le savoir-faire. Tous ces éléments ont pourtant une valeur réelle. Bien que des variations de la méthode patrimoniale tentent de répondre aux exigences de la prise en compte de l’immatériel ou du futur, ce n’est pas sans verser à son tour dans la subjectivité tant leurs estimations restent délicates.

En conclusion

L’analyse a pour but de valoriser les actifs de la société, sa capacité bénéficiaire, ou même de la situer parmi ses concurrents. Ce sont ces valorisations qui seront utilisées pour comparer la valeur intrinsèque de la société avec le prix demandé par le marché. Ce sont donc des données cruciales pour le processus décisionnel. Il s’agit ici plus d’un art que d’un exercice purement comptable, même si les règles de l’analyse sont facilement définissables, seule l’expérience permet de réellement les maîtriser. Cela nous renvoie une fois de plus à la nécessité de disposer d’une bonne marge de sécurité et de ne jamais faire d’impasse sur ce critère.

Lire la suite : Les bases de l’analyse du bilan selon Benjamin Graham

Voir le sommaire du dossier : L’investissement dans la valeur

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