L’assurance vie, un faux paradis fiscal ?

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Véhicule essentiel de la transmission patrimoniale et support largement plébiscité pour l’investissement sécuritaire « en euros », l’utilité de l’assurance vie en unité de compte peut être tempérée pour celui qui cherche uniquement une enveloppe fiscale avantageuse pour développer son patrimoine. En effet, le gain des plus-values doit être modéré par les frais accompagnants l’ouverture et la détention d’une assurance vie. Leurs impacts peuvent être tels qu’un simple compte titre performera mieux en termes de fiscalité qu’une assurance vie. Découvrez ici les coulisses d’un contrat d’assurance vie.

On peut ainsi distinguer deux types de frais propres à l’assurance vie

  • Les frais sur versement, qui sont un pourcentage du montant déposé sur le contrat. En fonction du distributeur ces frais peuvent s’élever jusqu’à 5 %

Les frais de versements peuvent être nuls pour un souscripteur choisissant sont contrat sur le web et s’en occupant lui-même..

  • Les frais de gestion, prélevés chaque année par l’assureur détenteur de votre contrat, et qui peuvent varier de 0,6 % à 1,5 %.

Les frais de gestion quant à eux sont inévitables, et estimer leur impact est délicat du fait de leur méthode de calcul.

Ainsi, une personne souhaitant placer son épargne sur un contrat d’assurance vie va procéder à l’achat de parts d’un OPCVM. Chaque année la valeur de la part va augmenter en fonction de la performance de l’OPCVM, mais le nombre de parts détenues sera imputé des frais de gestions qui sont eux calculés sur le capital détenu.

L’impact des frais sur la performance

Pour illustrer cette situation et ses conséquences, prenons l’exemple d’un contrat dont les frais de gestion annuels sont de 0.8 % ouvert avec 100000 €, placés sur 100 parts à 100 €, et dont le rendement annuel est de 5 % :

 

Année Capital Nombre de part Valeur de la Part Frais Frais/part
1 100000 1000 100 800 8
2 104160 992 105 833.28 7.94
3 108493 984.06 110.25 867.94 7.87
4 113006 976.19 115.76 904.05 7.81
5 117707 968.38 121.55 941.66 7.75
6 122604 960.63 127.63 980.83 7.69
7 127704 952.95 134.01 1021.64 7.62
8 133017 945.33 140.71 1064.14 7.56
9 138550 937.76 147.75

À la fin de la 8e année, le capital détenu sur le contrat est donc de 138 550 €. Si le souscripteur célibataire souhaite racheter son contrat, il devra acquitter comme impôt : 6 722 €, ce qui lui laissera une plus-value nette de 31 828 €.

À titre de comparaison, le même montant et le même placement à l’intérieur d’un CTO aurait rapporté après impôt une plus-value nette de 32 801 €, soit 972 € de plus qu’avec une assurance vie.

Il aurait fallu que les frais de gestion soient inférieurs à 0,7 % ou que le rendement soit supérieur à 6,3 % pour que l’assurance vie reprenne l’avantage sur un compte titre ordinaire.

On peut donc conclure qu’il existe des points de pivot où les avantages de l’assurance vie dans une optique de construction du patrimoine et en matière de fiscalité sur les plus-values s’effacent. Il est important d’en être conscient et d’en tirer les conséquences.

L’assurance vie et les intérêts composés

Il faut cependant bien comprendre que l’exemple donné ci-dessus n’est valable que si on achète un OPCVM et qu’on n’en change pas pendant toute la période d’investissement.

Car, si durant ce laps de temps vous décidez de changer d’OPCVM, ce qui est plus que probable, l’assurance vie reprend le dessus sur un CTO. En effet, comme dans un PEA seules les sorties de l’assurance vie sont imposées. Vous pouvez donc changer d’OPCVM sans être imposé et bénéficier de l’effet des intérêts composés, ce qui n’est pas possible sur un CTO.

Pour aller plus loin

Assurance vie et compte titre ont pourtant tous deux un maître indiscutable.  Ainsi, si le placement en question avait été éligible au PEA, la plus-value nette après impôt aurait été de 41872 € soit 10044 € de plus qu’avec une assurance vie. Les avantages du PEA en matière de pure fiscalité sont aujourd’hui inégalables. Cependant, l’assurance reste irremplaçable en raison de sa facilité d’utilisation, des placements sécurisés qu’elle offre, de sa fiscalité allégée, et de son utilité majeure en matière de transmission !

 

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