Investir sur les dividendes, la répartition du portefeuille

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

Nous reviendrons sur les critères d’éligibilité à la watching-list lors de prochains billets. Entre temps, j’expose ici comment je constitue les lignes de mon portefeuille.

Escompter des permutations

Faisons l’hypothèse d’un portefeuille constitué de dix lignes, les dix sociétés dont je suis actionnaire offrant le meilleur rendement du moment. Autrement dit, mon portefeuille offre le plus de dividendes possible en étant réparti sur dix lignes.

Le choix de dix lignes (et pas cinq ou vingt) se justifie parce qu’il nous faut trouver un compromis entre une nécessaire diversification et des revenus malgré tout élevés : le vingtième rendement de la watching-list est sans doute modeste au regard du dixième. Si nous multiplions les lignes, les revenus de chaque ligne diminuent, d’une part au titre de la diminution de la taille de chaque ligne, d’autre part parce que nous allons puiser dans des rendements moindres.

Ces dix lignes offrent conjoncturellement les meilleurs dividendes ; toutefois, les fluctuations des cours peuvent amener, par exemple, le dixième titre à avoir un rendement qui devient inférieur au rendement du onzième (soit le premier de la watching-list non détenu). Ainsi, il devient pertinent de permuter ces deux titres : pour le même montant, je peux recevoir un revenu supérieur.

A ce stade, nous voyons que l’augmentation attendue des revenus doit être appréciée en fonction, d’une part, des frais de courtage induits par la permutation, d’autre part, de l’augmentation globale de revenus annuelle attendue.

Prenons l’hypothèse où j’attends 30% d’augmentation de revenus sur l’année, générée par environ 8% du fait du réinvestissement des dividendes sur des titres à fort rendement, et 22% par des permutations. Si je permute deux lignes dès que je peux augmenter les revenus globaux du portefeuille de 0,01%, je devrai procéder à 2000 permutations dans l’année. Il convient donc d’adapter le seuil de déclenchement d’une permutation au regard de ses objectifs globaux.

Escompter des rééquilibrages

Pour augmenter les opportunités, nous pouvons aussi procéder à des rééquilibrages entre les dix lignes détenues. Admettons qu’une ligne du « bas de tableau » (parmi les plus petits rendements des titres détenus) augmente du fait d’une hausse du cours, tandis qu’une ligne du « haut de tableau » réduit (baisse du cours). Si la répartition initiale du portefeuille est de 1/10 des avoirs pour chaque ligne, alors je peux rééquilibrer les deux lignes en vendant quelques titres de l’une pour acheter quelques titres de l’autre. Il s’ensuit une augmentation des dividendes futurs au sein d’un portefeuille à nouveau équilibré (1/10 pour chaque ligne).

Là aussi, il convient de se donner un seuil de déclenchement de sorte que l’augmentation de revenus induite par ce rééquilibrage ait un effet tangible sur les revenus globaux du portefeuille.

Suggérer des rééquilibrages

Prenons l’hypothèse d’une répartition cible de dix lignes d’un montant égal de 1/10 ; par exemple, pour un portefeuille de 100.000 €, dix lignes de 10.000 €. Supposons que la ligne n°5 composée de titres de la société A offre un rendement de 7,2% soit un revenu attendu de 720 €, et que la ligne n°6 (société B) affiche un rendement de 7,0% soit un revenu attendu de 700 €. Pour simplifier, nous ne tiendrons pas compte des frais de courtage et des arrondis sur le nombre d’actions.

Supposons que le cours de la société A augmente de 6% ; la taille de la ligne devient 10.600 € et le rendement n’est plus que de 720 / 10.600 = 6,8%. Ainsi les lignes 5 et 6 ont permuté au classement. Néanmoins, la vente de 600 € de la société A pour acheter des titres B pour le même montant, ne permet que d’augmenter les revenus de 600 X 0,070 – 600 X 0,068 = 1,20 € ; ce gain est même négatif si l’on tient compte du courtage.

Examinons maintenant le cas de lignes dont le poids cible est fonction du rang : un poids de 1 pour la dixième ligne, 2 pour la neuvième etc., 10 pour la première. Du coup, le portefeuille est très déséquilibré et satisfait beaucoup moins à la nécessaire diversification. Par exemple, la première ligne « pèse » 10 / (1+2+3+…+10) = 18%.

Sur notre exemple d’un portefeuille de 100.000 €, la première ligne doit peser 17.857 €, la seconde 16.071 €, etc., la dixième 1.786 €.

Revenons à notre exemple ; la société A, classée cinquième, a un poids cible de 10.716 € et la ligne B classée sixième doit peser 8.830 €. L’augmentation du cours de la société A de 6% implique une permutation au classement. Nous nous retrouvons avec une ligne n°5 de 8.830 € tandis qu’elle devrait peser 10.716 €, et un ligne n°6 de 10.716 X 1,06 = 11.359 € pour un poids cible de 8.830 €.

Ainsi, nous pouvons vendre pour 11.359 – 8.830 = 2.529 € de la société A et acheter pour ce même montant de la société B, d’où une augmentation de revenus futurs de 2.529 X 0,070 – 2.529 X 0,068 = 5,06 €. Nous avons multiplié l’effet de cette hausse sur les revenus futurs par plus de 4.

En conclusion

Parmi les titres éligibles à la watching-list, la gestion dynamique des fluctuations de cours au regard de poids cibles de chacune des lignes permet de créer des opportunités de rééquilibrages au sein même du portefeuille. Les occurrences de tels réajustements permettent de démultiplier les augmentations de revenus futurs sans être tributaire du seul changement au classement entre la dixième et la onzième ligne.

Retrouvez ici l’ensemble des articles sur l’investissement dans les dividendes.

BESOIN D'UN CONSEIL PATRIMONIAL ?

Utilisez ce formulaire pour poser vos questions, réponse en 24H sans engagement.