Investir sur les dividendes : comparer des rendements comparables…

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Les titres à fort rendement sont particulièrement sensibles au détachement. Dès lors que l’on vise à maximiser les revenus, il convient d’intégrer la date de détachement — et donc la perception effective des revenus — dans le raisonnement.

Le rendement ne change pas lors du détachement

Prenons un titre qui cote 100 € et va détacher un coupon de 10 €. Son rendement est de 10/100 = 10%. Le jour du détachement, il cote mécaniquement 90 € et (si cette société a rempli les critères de présélection) il versera vraisemblablement 10 € dans un an. Son rendement immédiat est donc de 10/90 = 11%. Or il n’y a aucun intérêt à échanger un titre qui offre du 10% de rendement et n’a pas encore détaché, contre celui-ci.

Pour comparer des choses comparables, il nous faut intégrer les détachements des dividendes. Les investisseurs habitués aux obligations connaissent d’ailleurs bien ce mécanisme, puisque le nominal est côté indépendamment du coupon couru prorata temporis. C’est la notion de « coupon zéro ».

Sur une année civile, nous pensons recevoir un certain nombre de dividendes : le dividende annuel s’il est versé en une fois, un solde puis un acompte pour certains titres etc. Il convient donc de tenir un calendrier indicatif des coupons à recevoir pour chacun des titres suivis.

Ensuite, un cours « coupon zéro » est calculé ; il correspond au cours du jour diminué des futurs dividendes à percevoir dans l’année civile. Il s’ensuit un « rendement coupon zéro » calculé par le ratio du dividende annuel global par le cours coupon zéro. C’est ce rendement qui sert de comparaison entre les titres.

Dès lors, un titre ne change pas de rendement lorsque le coupon est détaché, puisque le cours est diminué du montant du coupon mais ce montant n’est plus soustrait dans le calcul du cours coupon zéro.

Percevoir les dividendes ?

Le détachement effectif n’ayant plus d’influence sur le classement des titres (et c’est bien le but), l’on peut se poser la question de l’intérêt à percevoir effectivement les dividendes. En effet, en phase de constitution de l’épargne, la perception effective du dividende n’a aucun intérêt puisque le cours diminue d’autant, de sorte que le capital est constant.

Evacuons immédiatement la problématique fiscale : cette méthode est particulièrement adaptée au PEA puisque les dividendes en compte-titres ordinaires sont lourdement taxés sans compensation possible avec des moins-values d’autre nature. Ainsi, les prélèvements sociaux ne sont pas perçus et il n’y a aucun frottement fiscal en phase de constitution de l’épargne.

Ainsi, nous tendons à nous constituer un portefeuille qui versera (plus tard) des revenus élevés. Dans l’attente, nous n’en avons pas besoin et il est égal de disposer d’un titre n’ayant pas encore détaché, ou un titre venant de le faire, dès lors qu’ils ont le même rendement coupon zéro.

Toutefois, la perception effective du dividende permet des fois de réinvestir tout en procédant des rééquilibrages entre lignes. Aussi, le comportement des titres, surtout ceux à fort rendement, est assez influencé dans la période antérieure puis postérieure au détachement, ce qui permet de bénéficier de variations de rendements et donc d’arbitrages entre titres dans la période de moisson des dividendes (avril à juillet).

Alors, comment suivre la performance ?

Pour apprécier la variation des revenus d’une année sur l’autre, il est donc erroné de comptabiliser les dividendes effectivement perçus. D’une part, certaines lignes peuvent ne pas avoir donné lieu à un détachement tandis que d’autres peuvent avoir subi plusieurs détachements au gré des permutations.

Pour ma part, à la date anniversaire de la méthode, je procède à un calcul purement théorique : combien me rapporterait mon portefeuille pendant un an si je ne procède à aucun mouvement ? Ce calcul simple permet de suivre le pourcentage d’augmentation de ces revenus totaux.

En conclusion

Pour augmenter les revenus futurs, il nous faut un critère de comparaison efficient et la prise en compte des dates de détachement évite un biais important.

Retrouvez ici l’ensemble des articles sur l’investissement dans les dividendes.

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