SOFICA : investir dans le cinéma et réduire ses impôts

Les SOFICA, ou Sociétés de Financement de l’Industrie Cinématographique et de l’Audiovisuel, permettent de réduire la pression fiscale. En échange d’une réduction d’impôt et d’une éventuelle plus-value, votre argent va servir à financer diverses productions. C’est un investissement défiscalisant très prisé et difficilement accessible. La période souscription généralement très courte vient de s’ouvrir, alors voici ce qu’il vous faut savoir sur ce type de défiscalisation.

Caractéristiques principales des SOFICA

La création de SOFICA est soumise à un agrément fourni par le ministère du Budget et le centre national de la cinématographie. Pour l’année 2013, seulement 10 sociétés ont reçu cet agrément et sont donc ouvertes à la souscription.

L’investissement dans une SOFICA ouvre droit à une réduction d’impôt de 30 % du montant de l’investissement, majorée à 36 % si la SOFICA investit au moins 10 % de sa collecte dans des sociétés de production indépendantes avant le 31 décembre de l’année suivant la souscription.

L’investissement doit être inférieur à 25 % du revenu net global et à 18 000 €. La réduction maximale d’impôt accordée est donc de 5400 € (30 %) ou 6480 € (36 %).

L’investisseur s’engage à conserver au minimum ses parts pendant 5 ans. Toutefois cette durée minimale de détention est variable d’une SOFICA à l’autre, et peut atteindre 10 ans.

En plus de la défiscalisation, il est également possible de réaliser un retour sur l’investissement grâce aux revenus tirés des œuvres produites. En effet, la SOFICA dispose de droits sur la recette et les revenus de l’ensemble des supports relatifs aux films dans lesquels elle a investi.

SOFICA adossée et non adossée

Une SOFICA est dite adossée lorsqu’elle a conclu un accord avec une société tierce pour garantir le rachat de ses parts à échéance. Jusqu’en 2009, les SOFICA pouvaient être adossées à 100 % ce qui permettait de garantir au souscripteur un remboursement total de son investissement.

À l’inverse, une SOFICA non adossée ne propose aucune garantie sur le capital, le retour sur investissement se faisant uniquement en fonction du succès des films produits.

De nos jours, une SOFICA ne peut pratiquer l’adossement qu’à hauteur de 50 %, c’est-à-dire que la garantie de rachat à un prix fixe ne peut se faire que sur ces 50 %. Concrètement, la part d’investissement adossé dans une SOFICA est plutôt comprise entre 0 et 40 %.

La rentabilité du placement dépend donc de la défiscalisation, mais aussi du succès du film.

Que financent les SOFICA ?

Le législateur a souhaité que les SOFICA financent avant tout les films qui en ont réellement besoin. Les caractéristiques des projets plébiscités par la Direction générale des finances publiques et le CNC sont :

  • un budget inférieur à 8 millions d’euros.
  • Investissement dans un 1er ou 2nd film
  • Production de petite taille ou indépendante

Cela n’empêche pas pour autant certaines SOFICA d’avoir participé au financement de films ayant connu un très grand succès comme : « L’arnacoeur« , avec Vanessa Paradis et Romain Duris, « Elle s’appelait Sarah  » avec Kristin Scott-Thomas, ou encore, «  Les Hommes et les Dieux » de Xavier Beauvois …

Une défiscalisation pas pour tout le monde !

L’investissement en SOFICA doit avant tout être considéré comme une défiscalisation risquée, au même titre que par exemple les FCPI et FIP . Le retour sur investissement est extrêmement aléatoire, et les sociétés qui commercialisent ce genre de produit ne communiquent que très peu sur leurs résultats historiques, et pour cause. Dans le meilleur des cas, les investisseurs ont récupéré 100 % du capital investi et ont donc eu comme plus value la défiscalisation accordée initialement (TRI d’environ 6%). D’autres n’ont reçu qu’un remboursement de 68 % de la valeur des parts, se retrouvant donc avec une opération nulle. Enfin, certains ont même perdu de l’argent.