Vers la faillite des banques ?

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Les banques sont au cœur de toutes les attentions, et pour cause : la fragilité du système bancaire est la plus grande menace  qui pèse sur l’épargne des particuliers. Une banque doit de par la législation détenir un certain montant de fonds propres. Ces fonds propres sont destinés à assurer le bon fonctionnement de la banque en cas de coup dur. Pourtant, si l’on va plus loin que les déclarations rassurantes des grands argentiers, on peut s’interroger sur la solidité du système.

Quelle est l’utilité de ces fonds propres ?

Le niveau de fonds propres sert à déterminer la solvabilité, comme abordée dans mon article sur l’étude du passif des sociétés dans le cadre d’un investissement dans la valeur. En résumé plus les fonds propres sont élevés moins le risque de faillite est important : ils permettent de couvrir les pertes imprévues comme par exemple le défaut d’un pays, et assure la confiance des déposants.

La faillite d’une banque a une implication directe : avec elle c’est l’ensemble de l’épargne des déposants qui s’évanouit. C’est pourquoi l’État a mis en place un fonds de garantie des dépôts bancaires. Théoriquement, les épargnants sont protégés à hauteur de 100 000 euros par établissement. Or, à la lecture du rapport annuel 2010, on apprend que ce fonds dispose comme trésorerie de 1 918 millions d’euros. De quoi indemniser 19 180 personnes à hauteur de 100 000 €, sachant que les grandes banques françaises ont chacune des millions de clients !

Quel doit être le montant des fonds propres d’une banque ?

D’après les accords Bâle 3 du 16 décembre 2010 le rapport fonds propres / actifs à risques d’une banque doivent être au minimum de 7 % :

 

Fonds propres de base (actions ordinaires + réserves + report à nouveau )
———————————————————————————————————– >= 7%
Actifs à risques (créances, hypothèques,obligations,actions, produits titrisés…)

 

Ce rapport de 7 % n’est exigible de par la réglementation Bâle 3 qu’en 2019. Actuellement, la réglementation n’exige que 2 % de fonds propres. Les grandes banques françaises annoncent avoir d’ores et déjà atteint le ratio de 7 % et tablent sur un niveau proche de 9 % à l’horizon 2013.

Mais alors, où est le problème avec les fonds propres ?

La réponse est simple  : les actifs à risques sont pondérés. On ne retient pas pour le calcul du ratio la valeur réelle des actifs risqués, mais une portion de celle-ci !

En effet, dans « l’esprit » du régulateur, prêter à un État qui dispose du fameux AAA représente un risque quasi nul de ne pas revoir son argent. Donc, ces créances à risques sur des pays de l’OCDE sont retenues à hauteur de 0 % de leurs valeurs. À l’opposé, prêter de l’argent au plombier du coin qui a 6 mois de rendez-vous dans son carnet d’ordre est hautement risqué, donc on retiendra 100 % du montant.

La pondération est la suivante : 

ponderation-actifs-risques-banques-1

Pour une banque, les fonds propres sont synonymes de pertes : l’argent qui dort ne rapporte rien. Elle cherche donc à garder ce montant au minimum, et pour ça, rien de tel que de multiplier les créances envers les États étant donné la pondération.

D’autant plus que prêter à un état peut être une opération extrêmement rémunératrice. Une partie des 1 000 milliards d’euros récemment débloqués par la BCE aux taux de 1 %, a directement été converti en dette souveraine espagnole et italienne avec pour cette fois des taux compris entre 3 et 6 %. Une affaire juteuse pour les banques, comme pour les États qui donnent l’illusion d’avoir encore la confiance des marchés.

S’il y a encore quelques années personne n’osait mettre en doute la fiabilité des dettes souveraines des grands pays de l’OCDE, aujourd’hui tout le monde sait que c’était à tort. La fragilité des bilans bancaires ne fait pas de doute, et les mesures officielles de solvabilité ne risquent pas de dissiper les méfiances.

Quel est le véritable ratio de fonds propres des banques ?

Simone Wapler dans son livre « Pourquoi la France va faire faillite » estime que le ratio fonds propres/engagements totaux de la plupart des banques est de 2 à 3 %. Nous parlons ici d’engagements non pondérés où la créance de l’État espagnol compte autant que celle de notre plombier. Cela signifie qu’en cas de pertes à hauteur de 2 ou 3 % des actifs de la banque : c’est la faillite ! Martin Wolf dans son article “Basel: the mouse that did not roar” publié dans le Financial Times estime que les besoins réels en fonds propres des banques se situent aux alentours de 20 à 30 % …

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