Les dangers du market timing en temps de crise

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Le « market timing » consiste à vouloir anticiper les mouvements du marché pour en tirer profit. Concrètement, il s’agit tout simplement de diminuer son exposition quand les bourses chutent pour ne revenir qu’une fois la tempête passée. C’est une technique des plus efficaces… pour celui qui est capable de prévoir l’avenir ! Pour les autres, la réalité est tout autre. C’est un comportement naturel que l’on n’observe pas uniquement chez les traders, mais chez  tout le monde. L’assurance vie n’a-t-elle pas enregistré une décollecte record ces derniers mois ? Pourtant des études pointent du doigt son inefficacité.

Les investisseurs ont tendance a toujours répéter les mêmes erreurs

Entre 1986 et 2005, le S&P 500 a connu un rendement annualisé de 11.9 %, pourtant une enquête montre que sur la même période le résultat moyen des investisseurs est de 3.9 %… La raison en est simple : à ne vouloir être que sur des marchés haussiers, manquant de courage et de lucidité dans les périodes de baisse, l’investisseur s’enferme lui-même dans des performances médiocres. Dommage.

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La société American Century Investments a simulé le rendement d’un investissement sur l’indice S&P 500 de 10.000 $ sur la période allant de 1991 à 2011. Les résultats montrent que dans ce laps de temps, une personne qui aurait simplement placé son argent sans y toucher jusqu’en 2011 aurait empoché en fin de période la somme de 53 3654 $.

Un comportement encore observé lors des dernières crises

De la même manière, la maison de gestion Fidelity dans son étude « Fix your money mistakes : Market timing » a observé le comportement des investisseurs au moment de la crise de 2009. Après la chute des indices boursiers, 250 milliards de dollars furent retirés des fonds d’investissement. Le retour des investisseurs ne s’est fait que début 2011 alors que certains indices comme le S&P 500 flirtaient à nouveau avec les plus hauts d’avant crise.

Plus proche de nous, sur les 8 derniers mois, 7 ont été des mois de décollecte pour l’assurance vie. Du jamais vu ! Globalement c’est 12.5 milliards d’euros qui ont été retirés des assurances vie pour se retrouver majoritairement sur des Livrets A ou des LDD dont le taux est inférieur à l’inflation !

Un comportement désastreux pour la performance

Rester hors des marchés présente un inconvénient de taille : celui de rater les périodes de rebonds voire les jours de rebonds. En effet, de la même manière que les chutes sont rapides, les périodes de rebonds les plus significatives ne se font que sur quelques jours.

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Dans le graphique ci-dessus, l’American Century Investments a calculé qu’un investisseur ayant manqué les 10 meilleurs jours de la période aurait eu à terme un capital de 26 632 $, s’il avait loupé les 20 meilleurs jours son capital aurait été de 16 698$, et pour finir, 11 143 $ pour celui ayant simplement loupé les  30 meilleurs jours… Une énorme différence par rapport au 53 365 $ de celui qui aurait présent sur toute la période : dans les bons comme les mauvais jours.

Pour conclure

Le lauréat du prix Nobel William Sharpe  dans son article « Likely Gains from Market Timing » a démontré qu’un investisseur qui aurait voulu jouer au devin, en se retirant des marchés lorsqu’ils chutent pour y revenir uniquement lorsqu’ils montent aurait dû rencontrer un taux de réussite de 74 % rien que pour égaler la performance d’un investisseur « buy and hold ». Personne ne peut prétendre avoir ce genre de réussite, et présumer du contraire se paye cash.

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