Le pari à 137 millions de Georges Soros

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Le monde de la finance américain est en état de choc. Le gourou de la finance à la réputation sulfureuse Georges Soros, vient de se délester de l’ensemble de ses actions détenues dans des institutions financières pour acheter de l’or. Et il n’est pas seul, John Paulson autre gourou ayant fait fortune avec la crise des subprimes partage son opinion sur le métal jaune. Décryptage de cette information.

Qui est Georges Soros ?

Pour ceux qui s’intéressent à la finance, Georges Soros fait partie de ces rares investisseurs que l’on peut qualifier de « gourous ». Pendant 40 ans le « Quantum Funds » dont il assure la direction avec Jim Rogers a connu une progression annuelle de 20 % ! Une performance proche de celle de la légende de la finance : Warren Buffet et de sa société Berkshire Hathaway.

BRK-Quantum

 

Mais, la ressemblance avec l’oracle d’Omaha s’arrête là. Au contraire de Buffet, Soros est extrêmement attentif à la macro-économie, on dit de lui qu’il investit « à l’instinct ». Son champ d’intervention est large : matières premières, obligations, actions, mais aussi les monnaies qui ont fait sa réputation.

En 1992 Soros fit le pari que l’Angleterre sortirait du Système Monétaire Européen (ancêtre de l’euro) et vendit à découvert 10 milliards de livres sterling mettant par la même la banque d’Angleterre à genoux, ce qui précipita sa sortie du SME. La réputation de Soros était faite, son gain sur cette opération avoisine le milliard de dollars.

Soros le sulfureux

Soros a une réputation sulfureuse en raison de ses techniques de spéculation agressives, du manque de transparence de sa société, mais aussi de sa participation dans des affaires de délits d’initiés comme celle de la Société Générale qui dans les années 80 impliqua à ses cotés, le gouvernement socialiste, mais dont il porta finalement seul le chapeau.

C’est un homme d’influence, mais aussi de conviction, qui a pour habitude de faire des paris audacieux et colossaux sur des secteurs, des sociétés, ou même des pays.

Soros et l’or, je t’aime moi non plus

Certaines voix s’élèvent outre-Atlantique pour mettre en garde les investisseurs qui auraient des velléités de suivre Soros. Et pour cause, en 2010 il annonçait à qui voulait bien l’entendre que l’or était la bulle ultime « the ultimate asset bubble », avant de séparer de 800 millions de dollars d’actions basées sur le métal jaune .

Or, à cette époque, l’once valait 1275 $. Un an plus tard le métal jaune s’échangeait à 1920 $ l’once …

 

Aujourd’hui, c’est environ 90 millions de dollars que le milliardaire vient de réinvestir dans le SPDR Gold Trust. Cette nouvelle fait d’autant plus de bruit que Soros n’est pas le n’est pas le seul dans cette situation.

John Paulson, autre gourou de la finance ayant largement anticipé et profité du crash des surprimes en 2008, a également investi massivement dans l’or sur la même période.

De même, le dernier rapport du World Gold Council signale pour le second quart de l’année 2012 une accélération des achats par les banques centrales avec un accroissement des réserves de 157.5 tonnes, le double de quantité pour la même période en 2011.

Il n’en fallait pas beaucoup plus pour mettre en émoi la planète financière.

Et si l’information était ailleurs…

La position de Soros dans l’or au 30 juin était de 137 millions de dollars, un chiffre colossal, mais qu’il faut relativiser. En effet, ça ne représente au mieux qu’entre 1 et 2 % de son portefeuille total !

Pourtant, ce n’est  pas une raison pour balayer d’un revers de la main cette information. Car finalement, peut-être que ce qu’il faut retenir c’est surtout le désaveu massif de Soros pour les grands acteurs du secteur financier.

On peut ainsi lire dans le rapport 13F de la SEC qu’il a cédé :

  • 420 000 actions de City Group
  • 701 400 actions de JP Morgan
  • 120 000 actions de Goldman Sachs

Soros ayant par contre conservé ses positions dans certains établissements comme la SunTrust Banks.

Coïncidence ou pas, ce sont les actions des banques impliquées dans le scandale du Libor dont il s’est délesté.

En conclusion

L’investissement de Soros dans l’or n’est colossal qu’en valeur absolue, comparé à son portefeuille global il ressemble plus à un placement de bon père de famille. De plus, il est très loin d’avoir liquidé toutes ses positions en actions pour se tourner vers l’or, n’en déplaise aux « fin-du-mondistes » qui ont sauté sur cette information pour crier au loup. Par contre, son comparse Paulson a quant à lui placé plus de 40 % de ses avoirs dans le métal jaune, un pari  autrement plus risqué puisque nous parlons ici de 10 milliards de dollars ! Nous lui souhaitons que l’or ne soit effectivement pas en situation de bulle.

Sources : Seeking Alpha, Business Insiders.

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