Du jamais vu depuis la création du CAC 40 !

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

Du jamais vu depuis la création du CAC 40 en 1987 : la valorisation boursière moyenne des entreprises composant l’indice est descendue au niveau de leurs fonds propres. Cela traduit un niveau de méfiance des marchés inégalé. Valoriser une entreprise au niveau des fonds propres revient à ne prendre en considération que sa « valeur à la casse ».

Pour bien comprendre

La capitalisation boursière correspond à la valeur d’échange d’une entreprise sur les marchés. Elle se calcule simplement en multipliant le nombre d’actions émises par leur cotation. En d’autres termes, il s’agit du prix qu’une personne devrait payer pour acquérir l’ensemble d’une entreprise en achetant toutes ses actions.

Les fonds propres correspondent aux apports versés par les actionnaires (le capital social) et, aux bénéfices non redistribués dégagés par l’entreprise.

Dans la plupart des cas une entreprise n’est pas valorisée en fonction de sa valeur de fonds propres, surtout pour des sociétés comme celles qui composent le CAC 40. Schématiquement, la capitalisation boursière intègre généralement une surcote par rapport aux fonds propres qui correspond à l’espérance de gains que les investisseurs placent dans l’entreprise.

Même lors du dernier krach boursier majeur de 2008, la capitalisation boursière des entreprises du CAC 40 affichait une surcote par rapport aux fonds propres de 20 %. Aujourd’hui cette surcote a disparu : le CAC 40 est estimé pour sa « valeur à la casse » !

evolution-fonds-propres-cac-40

 

Ce graphique illustre l’évolution historique de la capitalisation boursière moyenne du CAC 40 (ligne rouge), et l’évolution des fonds propres des sociétés composant l’indice (colonnes grises). La rencontre de la courbe et de la colonne en 2011 indique une égalité parfaite entre les fonds propres et la capitalisation boursière, on dit que le ratio « Price to book » est égal à 1.

Une situation disparate

Il s’agit ici d’un constat portant sur la moyenne des valorisations des 40 entreprises composant l’indice. Bien entendu, la situation est très différente d’une société à l’autre. 

 

Sans surprises, le secteur le plus touché est celui des banques et de l’assurance avec un « Price to book »moyen de0.5. Cependant, d’autres secteurs attirent la méfiance des investisseurs. Le « Price to book »moyen des entreprises du secteur de l’industrie et du BTP est de 1.4 mais avec de grandes disparités, une trop grande concentration de l’activité sur le marché européen est sèchement sanctionnée par les marchés. D’ailleurs, ce sont les entreprises s’exportant facilement à l’échelle mondiale qui profitent de la plus grande valorisation.

Globalement cette situation est unique et exceptionnelle. On pourrait penser que le CAC a touché le fond ou du moins s’en approche. Pourtant, le danger est réel de voir ces valorisations continuer à se détériorer.

Explication de la chute de la capitalisation boursière du CAC 40

Ricol Lasteyrie explique la chute de la valeur boursière par une diminution progressive de la prise en compte d’actifs incorporels « non comptabilisés ». Il s’agit d’actifs immatériels (comme peut l’être par exemple un brevet), mais ayant la caractéristique d’être non identifiables ou intangibles (ex : parts de marché) c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être isolés et vendus séparément.

Pourtant, une autre classe d’actifs tout aussi intangible et fictive est laissée de côté par l’analyse : le Goodwill. En progression constante, sa dévalorisation pourrait entrainer le niveau de valorisation des entreprises du CAC 40 bien plus bas qu’il ne l’est actuellement.

Le Goodwill du CAC 40

Le Goodwill ou « survaleur » est constitué de la différence entre la juste valeur d’une entreprise calculée en fonction de ses actifs et passifs identifiables, et la valeur de marché. Il va correspondre lors d’une acquisition, à la différence entre le prix payé et la valeur comptable réelle : cette entreprise vaut 1000, mais elle est vendu 1300, je l’achète et j’inscris 300 à mon compte Goodwill.

En règle générale, le prix payé est plus important en raison de la présence d’éléments immatériels comme la notoriété d’une marque, dont la valeur sera estimée et viendra s’ajouter à la valeur comptable. Il s’agit donc d’une notion extrêmement abstraite et dont la valorisation n’a rien de concret ni d’absolu. Pourtant, le Goodwill est considéré comme un actif et son poids ne cesse d’augmenter dans les bilans des entreprises.

goodwill-et-valeur-boursiere-cac-40

 

Fin  2011, en moyenne, 42 % de la capitalisation boursière des entreprises composant le CAC était constituée par le Goodwill, en nette augmentation par rapport à 2010. Cette même année, le Goodwill représentait 43 % de la valeur totale des actifs de ces sociétés ! En d’autres termes, 43 % des actifs comptabilisés dans les bilans ont de grandes chances d’être largement surévalués … Dans une logique de rationalisation de la valorisation des entreprises comme celle qui semble être en train de s’opérer, le chemin vers le fond du trou risque d’être encore long.

Une note optimiste

Malgré tout,Ricol Lasteyrie conclut son analyse sur une note d’optimisme. Les résultats des entreprises sont de façon paradoxale globalement à la hausse, du fait d’une recherche constante de parts de marchés hors de l’Europe. Tant que la crise reste contenue sur le vieux continent, il subsiste un espoir de trouver les relais de croissances nécessaires à une amélioration de la situation dans les pays émergents.

Liens vers le rapport original de Ricol Lasteyrie

BESOIN D'UN CONSEIL PATRIMONIAL ?

Utilisez ce formulaire pour poser vos questions, réponse en 24H sans engagement.